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Les armes

Le Kung fu de notre école, comme toute pratique traditionnelle, regroupe parmi ses techniques le travail des armes, lequel est important pour progresser.

Sujet
Les arts martiaux

Travailler ces techniques est enrichissant, car cela développe considérablement les sens, rééquilibre la latéralité et donc la dextérité, et cela a un effet très bénéfique sur le cerveau, surtout pour les enfants et les adolescents.

Mais ce travail réclame concentration et sagesse, car l'arme n'est qu'un moyen d’unifier le corps et l’esprit. Et, de plus, il faut auparavant savoir maîtriser le corps, en particulier les postures et les déplacements avant de commencer le travail des armes.

Sélection d’armes chinoises

Les armes de Kung fu ont une histoire aussi antique que les divers modèles eux-mêmes. Leur développement a beaucoup varié avec le temps.

Traditionnellement ces armes sont présentées en 18 armes classiques.

Elles sont les ancêtres de toutes les armes pratiquées actuellement au sein des arts martiaux chinois.

Six catégories

  • Les armes longues qui sont plus grandes qu'un homme et sont maniées des 2 mains : lance, bâton, sabre long, pique, hallebarde, fourche.

  • Les armes courtes qui sont plus petites qu'un homme et sont maniées en général d'une seule main : sabre, épée, hache, fouet à arêtes…

  • Les armes flexibles, maniées d'une main ou alternativement des 2 mains, dont on peut modifier la longueur pendant l'évolution technique : tri bâton, chaîne 9 sections…

  • Les armes doubles, maniées chacune d'une main, en coordination l'une avec l'autre : double sabres, doubles épées, crochets, poignard, sabre et bouclier…

  • Les armes de jet, ces armes facilement dissimulables dans la veste ou même les cheveux ne sont utilisables qu'une seule fois : fléchettes, baguettes, étoiles filantes, boules météores, pièces de monnaie, dard…

  • Les armes par destination, il s'agit généralement d'instruments agraires ou domestiques ayant été détournés de leur utilisation première pour leur donner une destination martiale. On trouve ainsi dans cette liste : parapluie, banc, éventail, cymbales, fourche (le trident), pipe à opium…

À l'école Karukéra Shaolin Kung fu, on commence par le fléau à 2 branches (Long Gian plutôt connu sous son nom japonais : Nunchaku).

Bruce Lee n’est jamais très loin !

Ensuite, la variété d'armes utilisées par nos pratiquants inclut : le bâton, l’épée, le sabre (rigide, souple ou à 9 anneaux), la lance, le fléau à 3 branches, les armes doubles…

1 — Le Nunchaku 双节棍

Le nunchaku

Le Nunchaku est une arme bien connue, composée de deux bâtons courts reliés par une chaîne ou une corde.

Bien que souvent associé aux arts martiaux japonais, le Nunchaku est également pratiqué dans certaines écoles de Kung fu : À l'origine l'un des bâtons était un bâton long. Le raccourcir a permis d'obtenir une arme plus transportable. L'utilisation du Nunchaku permet de travailler la vitesse et la coordination.

Son utilisation permet de développer la vitesse et la souplesse des poignets. Elle demande une grande précision et un contrôle absolu, car une erreur peut facilement entraîner des bosses et des contusions. Elle calme les ardeurs excitatrices des jeunes pratiquants et favorise le renforcement de la concentration. Les techniques impliquent des mouvements fluides, des rotations rapides, des frappes répétées. Son utilisation est idéale pour améliorer les réflexes et la dextérité, car il exige un contrôle continu.

Cependant son utilisation en combat demande un entraînement spécifique sur la distance et les zones de frappe. Il permet d'apprendre à gérer la notion de rebond.

2 — Le Bâton

Le bâton

C'est un bâton en bois ou en métal d'une longueur qui va de 160 à 220 cm, selon les écoles de Kung fu.

À l'école KSKF, nous utilisons un bâton en rotin plein de Manille d'une longueur qui correspond à la taille du pratiquant rallongée de 2 largeurs de main. L'intérêt de ce modèle est qu'il allie souplesse et rigidité.

Le bâton est le point de départ du maniement des armes. Pour passer à des armes plus évoluées, une parfaite maîtrise du bâton est exigée, car c'est lui qui initie la compréhension des principes. des armes longues : c'est-à-dire la gestion des saisies pour les mains, et la rotation pour les articulations des membres supérieures (poignet, coude, épaule). Il permet des mouvements amples et dynamiques. Il permet de développer la force des avant-bras et des épaules. Il renforce les poignets en améliorant leur souplesse.

Son maniement permet de développer la coordination, la rapidité, et l’agilité.

Il est utilisé pour frapper, bloquer et balayer l’adversaire. Les mouvements du bâton impliquent des rotations rapides et fluides, des changements de direction et une coordination parfaite entre le corps et l'arme.

Utiliser le bâton sert à travailler la distance en utilisant sa portée pour rester hors de danger.

Son maniement inclut des exercices de saut, de rotation et de coups puissants, ce qui rend l’apprentissage du bâton idéal pour renforcer la souplesse et l’endurance. Son maniement permet de perfectionner la stabilité et le travail du centre.

Il s’agit d’une arme polyvalente, accessible à tous et présente dans de nombreuses cultures martiales.

3 — Le Sabre

Le sabre

Le sabre chinois est une arme emblématique, souvent surnommée « le général des armes » en raison de sa popularité dans les armées chinoises. Ce sabre (avec ou sans anneaux) est grand avec un bord simple incurvé. Il ne possède un seul tranchant, ce qui permet d’exécuter des frappes puissantes et des mouvements circulaires.

Son maniement doit être dynamique et demande de la force. Les mouvements incluent des frappes directes, des rotations et des parades agressives. Cela demande une mobilité du poignet afin que l’arme puisse prendre vie dans la main.

L’entraînement au sabre est souvent intense, car il exige de synchroniser la respiration avec les mouvements pour générer vitesse et force explosive. Les techniques incluent également des coups de tranchant, des changements d’angle et des balayages impressionnants, le rendant particulièrement efficace en combat rapproché. Utilisé sous beaucoup de styles de Kung fu, le sabre permet de développer la puissance physique et la détermination. L'entraînement au sabre permet de comprendre le travail des armes légères.

Une variante célèbre est le sabre de neuf anneaux qui possède neuf anneaux en acier attachés à son bord dorsal. Ces anneaux sont employés pour bloquer ou attraper les armes qu’il combat.

4 — L'épée

L'épée

Une arme noble, réservée pour la classe aristocratique et portée jadis par les officiers qui d'ailleurs, lui donnait un nom.

Le Jian est une épée à double tranchant. La longueur de sa lame se situe généralement entre 75 et 85 cm. Fabriquée en acier, elle est légère et équilibrée, afin de réaliser des mouvements fluides et rapides.

C'est une arme raffinée et élégante, souvent surnommée la « reine des armes courtes ». C'est un symbole de noblesse et d’honneur. Contrairement aux armes axées sur la force brute, le maniement de l'épée demande finesse, précision et agilité. Sa maîtrise exige une grande concentration, car chaque mouvement doit être exécuté avec précision.

L’épée est considérée comme une extension du corps, et le pratiquant doit apprendre à la manier comme le prolongement de son propre esprit.

Les styles de Kung fu adaptent l'épée à leurs propres principes de boxe, faisant de l'utilisation de l'arme une prolongation de leurs techniques particulières. Le maniement du Jian implique des coups d’estoc, c'est à dire de pique avec la pointe, des coupes légères, mais vives, des balayages circulaires et des parades élégantes, tous ces mouvements doivent s'effectuer avec une certaine grâce usant de déviations et redirections dans des gestes circulaires continus permettant de masquer les intentions.

À l'école KSKF, nous pratiquons un enchaînement en gardant dans l'autre main le fourreau. Il peut servir de bouclier protecteur ou de diversion pour tromper l’adversaire.

La pratique de l'épée développe la coordination fine, améliore la précision, la grâce et la vitesse et demande une grande concentration et un contrôle du corps.

5 — La Lance

Le fer de la lance

Les lances chinoises mesurent environ 2,10 m. Elle était avant tout une arme utilisée par les militaires du rang. Ceux-ci étaient les premiers à attaquer l'ennemi et le forcer à reculer. Elles se rangent dans plusieurs catégories concernant leur utilisation défensive ou offensives. Il existe quelques variantes, comme la lance régulière, la double lance dirigée, la lance de sourcil (avec une tête falciforme), la lance de serpent (inclinée avec une lame incurvée), et la lance avec un crochet.

La lance est aussi très efficace dans les combats individuels pour tenir un adversaire à distance.

Le morceau d'étoffe en dessous de la lame ne faisait pas seulement office de porte-drapeau, il servait à troubler le regard de l'adversaire, à dissimuler l’attaque et aussi à empêcher que le sang de l'adversaire ne coule le long du manche.

Considérée comme la « reine des armes longues », la lance est particulièrement difficile à maîtriser en raison de sa longueur et de sa légèreté. Son maniement demande des mouvements rapides et des coups précis, tout en maintenant un équilibre et une fluidité parfaite. Les techniques de pique, de balayage et de frappe incluent des mouvements en spirale, des enchaînements rapides et des frappes précises. La maîtrise de la lance permet de développer un contrôle exceptionnel de la distance et de la vitesse, et elle est considérée comme un excellent exercice pour renforcer la concentration et l’endurance.

6 — Le fléau à 3 branches, ou tribâton 三节棍

Le tribâton

Composé de trois morceaux de bois de longueur égale reliés par des anneaux en métal à leurs extrémités.

Dans l’école, cette arme est fabriquée avec du rotin.

Il s'utilise à deux mains et peut être employé comme une arme longue une fois tenue à une extrémité et balancée librement, ou alors comme une arme courte quand deux des sections sont tenues et employées. Cette arme est très déstabilisante pour l’adversaire, car elle possède la puissance du fléau avec une plus grande allonge et parce qu’elle est très difficile à parer à cause de la liberté de mouvement de ses sections.

Si son maniement est maîtrisé ; elle s'avère très efficace pour tenir un adversaire à distance et lui infliger de graves dégâts contondants grâce à la force de rotation de l'arme.

Très polyvalent, son maniement comprend des techniques inspirées des fléaux longs et courts, du bâton long, des doubles bâtons courts et de la chaîne.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le maniement du tribâton n'est pas du tout similaire à celui du Nunchaku. Du fait de leurs structures, les mouvements de ces deux armes sont donc très différents. Cependant, comme pour le nunchaku, son utilisation en combat demande un entraînement spécifique sur la distance et les zones de frappe et surtout la gestion des rebonds.

Son maniement très complexe, sa grande portée d'attaque et sa souplesse en font une arme redoutable et très imprévisible, mais les pratiquants de cette arme se font de plus en plus rares.

7 — La Hallebarde 关刀

La hallebarde

La hallebarde, croisement entre une lance d'environ 210 cm de long et un sabre, est attribuée au légendaire général Kwan Yu ou Guan Yu (160-219), sous la dynastie des Han.

Sa forme rappelle une lame de sabre large, d’où le nom de Kwan Dao : le sabre de Kwan.

Le Général était un homme fort pour cette arme lente, mais, en revanche, sa puissance était idéale pour lui. Ses compétences légendaires ont fait le tour du royaume.

Il était capable de percer une défense de plus d’un adversaire à la fois, avec son arme connue sous le nom de : Sabre du Dragon Vert.

C’était une arme nécessitant un long apprentissage, contrairement aux lances, ce qui explique que son usage était réservé aux officiers.

Sa lame principale a deux fonctions : trancher et perforer (superficiellement), tandis qu'au bout du manche, son embout en a trois : perforer, assommer et surtout équilibrer l'arme. Le dos de la lame est équipé d’un crochet aidant à désarmer l’adversaire. C'est l'arme idéale pour attaquer la cavalerie, mais ses vertus défensives et sa polyvalence en ont aussi fait l'arme de prédilections des gardes. Le Kwan Dao n’est pas une arme d’attaque, mais plutôt une arme d’arrêt. Elle est lente, peu maniable et ne peut être utilisée d’une seule main.

La difficulté de maniement du Kwan dao en fait un auxiliaire d’entraînement parfait pour améliorer l’enracinement ; les postures et enfin la musculature du haut du corps du pratiquant.

8 — La chaîne à 9 sections 九节鞭

La chaîne à 9 sections

La chaîne à 9 sections est composée de 9 sections métalliques articulées rattachées entre elles par trois anneaux métalliques fermés par une soudure, d’une poignée et d’une pointe (l'épine) auquel est rattaché un foulard. L’épine est le véritable point d’attaque. Sa longueur totale est d'environ 1,50 m.

L’épine est assez lourde pour être capable de percer les murs de béton. Elle est également munie d'un tissu en soie rouge pour distraire l’adversaire et faire du bruit.

Elle s'utilise de manière plutôt similaire au fléau à 3 branches, quand celui-ci est manipulé d'une main. Mais la chaîne à 9 sections est très complexe à utiliser ; cependant, elle confère une portée et une puissance de frappe beaucoup plus grande. En raison de la fermeté des pièces de métal, elle est capable de contrer d'autres armes, notamment les armes à lame.

Étant flexible, elle est extrêmement difficile à bloquer. Si vous bloquez la section du milieu de cette arme, l’extrémité viendra toujours en contact en raison de son caractère flexible.

C'est une arme redoutablement efficace pour blesser un adversaire, mais aussi pour le tenir à distance.

Il existe également des variantes de cette arme, comme les chaînes à 5 sections, à 7 sections et de la lance corde. Les plus petits ont été conçus pour être utilisés dans des espaces plus confinés.

Là aussi, comme pour le nunchaku ou le tribâton, son utilisation en combat nécessite un entraînement spécifique. C'est la caractéristique des armes flexibles : les mouvements à vide ne correspondent pas aux mouvements avec contact.

9 — Les dagues 双匕首

Les doubles dagues

Les doubles dagues possèdent plusieurs versions selon les régions, mais on retrouve des caractéristiques communes : 25–40 cm par dague, lame droite ou légèrement courbe, un ou deux tranchants. La garde est souvent réduite pour garder la compacité ; et le manche est court pour une prise ferme. Suffisamment léger, pour effectuer des mouvements rapides.

Les versions plus modernes incluent des anneaux autour de cette poignée qui permettent de faire tinter les armes ainsi que des foulards.

C'est le plus souvent une arme utilisée par des femmes. En effet, dans la Chine impériale, les femmes n’avaient généralement pas le droit de porter des armes visibles en public. Pourtant, certaines femmes étaient formées au combat, à l’autodéfense ou à des missions de transport ou d’espionnage. Pour contourner les contraintes sociales, elles utilisaient parfois des armes petites, discrètes et facilement dissimulables. Ces armes constituaient pour les femmes un moyen de protection ou d'assassinat, discret et efficace.

De forme très esthétique, ils sont généralement utilisés par paires en combat rapproché (intérieur de maison, escaliers, ruelles). Les deux lames avec un ou deux bords plus ou moins affûtés. Leur manipulation privilégie la rapidité et la maniabilité.

En utilisation, les shuang bishou sont des armes de précision, de vitesse et de flux continu. La prise peut être droite ou inverse.

Les techniques au couteau sont un moyen spécialisé d’utiliser les techniques à main nue. L'entraînement et l'utilisation des doubles dagues développent chez les pratiquants : le travail en proximité immédiate ; la coordination des deux mains ; le changement de prise rapide pour varier la manipulation ; la notion d'attaque et défense simultanées ; la visée des articulations, muscles et parties vitales ; la rapidité des attaques ; et une gestion des déplacements, soit principalement la rapidité et l'agilité du corps.

9 bis — Les couteaux papillons 蝴蝶双刀

Les couteaux papillons

Le Wing Chun a modifié par la suite ces doubles lames pour l'adapter au style.

Il s’agit de couteaux dont la longueur d’environ 50 cm soit à peu près celle de l’avant-bras de l’utilisateur. La lame entière est aiguisée d'un seul côté et légèrement courbée.

Ils possèdent une garde un peu arrondie permettant de protéger la main. En outre cette poignée permet d’effectuer une pique avec la lame en changeant sa prise et aussi d’utiliser son arme comme un coup de poing américain si l’utilisateur souhaite ménager son adversaire.

De l'autre côté de cette garde se trouve un croc. Celui-ci peut servir à effectuer des blocages (jusqu'à pouvoir casser les armes de l'adversaire), à glisser le long de l’arme adverse et aussi à effectuer une rotation du couteau autour de son pouce afin de changer la prise.

Comme pour les doubles dagues, c'est une arme de combat au corps à corps souvent de rigueur dans les tournois et duels. Le maniement par paire permet de défendre et d’attaquer de façon simultanée, ce qui est en plein accord avec la philosophie du style.

10 — Les sabres crochets 双钩

Les sabres crochets

Cette arme a une lame d’environ 0,95 m de longueur, similaire à celle du jian, bien qu'elle soit probablement légèrement moins tranchante. Elle permet tout de même d'infliger des coupures.

Le reste de la structure du shuang gou est complexe : une lame avec crochet, l'autre extrémité de la garde est une lame pointue et tranchante et la garde est une demi-lune effilée.

Le crochet court situé à l’extrémité de la lame sert à bloquer les armes des adversaires, accrocher, désarmer ou immobiliser l’adversaire, pour tirer ou faire trébucher un ennemi.

Le bas de l'arme, pouvant être utilisée comme une dague, ou un poignard. La garde de l'épée peut être utilisée pour parer les coups, ou directement attaquer l'adversaire avec son tranchant.

La technique des crochets inclut des mouvements circulaires et des techniques d’enroulement. Les crochets sont souvent utilisés par paire ; elles demandent une technique avancée et une grande coordination des bras et des déplacements.

Une technique spécifique à cette arme consiste à joindre les deux armes par le crochet, faisant ainsi bénéficier au porteur une allonge pouvant surprendre l'adversaire. La pointe de l'arme en l'air peut venir frapper la cible avec puissance, à distance.

Leur manipulation permet de développer la force dans les bras et les poignets ainsi que la précision des mouvements des mains.

La légende raconte qu'il faudrait, en tout, neuf années d'apprentissage pour débloquer toutes les facettes de la double épée à crochet. Cet apprentissage est souvent associé à des périodes de méditation.

11 — Le trident, ou fourchette du tigre 三头叉

Le trident

D’origine agricole, c’est une fourche d’environ 2 mètres, c'est-à-dire d'un manche muni d'un trident, et on raconte que les paysans les utilisaient pour se défendre contre… les tigres, d’où son autre nom.

Il est constitué d’un long manche assez lourd, une pointe centrale, et deux pointes latérales droites ou recourbées.

C’est une arme assez complexe à maîtriser du fait de la variété des techniques. C’est pour cela que ses pratiquants sont rares, il faut être un spécialiste passionné par les armes longues.

Ses techniques de combat assez similaires à celles du bâton et de la lance avec en plus des techniques de blocage et de saisie.

La pique centrale (estoc) s’utilise comme une lance en pique directe, ou en pivot.

Les branches latérales permettent de crocheter une arme (bouclier par exemple), de bloquer ou de coincer un poignet ou un membre. Ils permettent aussi de pousser, déséquilibrer. Le manche qui se termine souvent par une pique s’utilise comme un bâton.

Cette arme assez unique permet de canaliser son énergie et son potentiel dans chaque mouvement. Comme la hallebarde, le trident est une arme longue et lourde (par rapport au tigre). Son poids est un de ses atouts majeurs, notamment pour exercer une pression sur l’arme adverse.

12 — L'éventail

L'éventail

Avant d'être un instrument entièrement féminin, l'éventail était l'apanage des nobles chinois.

C'est un exemple d'arme par destination. Au départ l'éventail possédait une armature en bambou. Puis son utilisation pour le combat a modifié sa structure avec une armature en métal, parfois avec une arête ou des pointes : on cherchait vraiment à frapper, couper un peu et piquer.

Les éventails ont été souvent sous-estimés dans le Kung fu. Ils peuvent sembler inoffensifs, mais lorsqu'ils sont en métal, ils deviennent redoutables.

L’éventail est une arme « saisissante ou surprenante ». Il surprend par le bruit lorsqu’on l’ouvre. Il peut masquer une attaque de poing, tenir à distance. Il peut parer ou détourner une attaque en « capturant » l’arme de l’adversaire. Il pique des deux côtés. Il tranche (s'il est en métal) :

L’éventail propose donc tout un choix de techniques : on y retrouve des techniques de l’épée, du sabre, de la lance, des mains nues… et quelques autres inédites spécifiques à lui-même. Utilisés dans certains styles de Kung fu, comme le Tai Chi et le Bagua, les éventails servent à parer, à trancher, et même à distraire l’adversaire.

Les techniques de l’éventail exigent une grande précision et de la discrétion. L'éventail de combat permet de travailler la souplesse et la fluidité, et il est idéal pour ceux qui recherchent une approche élégante et subtile du combat. Sa manipulation développe également la coordination et la dextérité, en harmonisant les mouvements de l'éventail avec les déplacements du corps.

Pour maîtriser l'art du combat, il faut en comprendre sa philosophie, sans esprit, le corps n'est d'aucune utilité

Ce que les armes apportent

Comme nous venons de le décrire ; dans les arts martiaux chinois, les armes ont une importance capitale.

Elles sont vues comme un prolongement du corps et un moyen d’améliorer la coordination, la fluidité et la discipline. Elles privilégient le travail de la mobilité et l’agilité ; des postures et de la puissance et développe la prise de conscience de la notion de portée.

Elles demandent un grand contrôle corporel et beaucoup de pratique pour assurer sa propre sécurité.

Les pratiquants expliquent que cela améliore :

  • La coordination globale.

  • Le timing et la perception de l’espace.

  • La force et la vitesse.

  • La concentration et la discipline.

Législation

Les armes d’entraînement de Kung fu (bâton, sabre en bois, nunchaku en mousse, etc.) restent parfois considérées comme armes blanches selon les pays.

Voici les règles applicables en France pour transporter une arme d’entraînement de Kung fu (bâton, sabre bois, nunchaku mousse, etc.). Elles découlent du Code de la sécurité intérieure (CSI) et de la réglementation sur les armes blanches catégorie D.

Seul le transport d’une arme dans un emballage hermétique et verrouillé, de manière à ce qu’elle ne soit pas directement accessible, est autorisé. Il est également nécessaire de pouvoir expliquer la raison de sa possession.

  • Les motifs légitimes valables (crédible et vérifiable) : se rendre à un cours de Kung fu ; un stage ; une démonstration ; une compétition ; retour du lieu d’entraînement.

  • Votre motif légitime doit pouvoir être prouvé immédiatement : avec votre carte d’adhésion au club ou la licence de la fédération ; votre tenue / équipement dans le sac.

  • Les conditions de transport sont strictes : transporter l’arme dans un contenant fermé (sac de sport, housse prévue pour l’arme, étui fermé. Si vous êtes en voiture, rangez l’arme dans le coffre (pas à portée de main, de sorte qu’elle ne soit pas immédiatement accessible pendant le transport.

En cas de contrôle, la police peut : vous demander votre motif - saisir l’arme si le motif n’est pas jugé légitime - dresser une contravention.

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Le nunchaku
Le bâton
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L'épée
Le fer de la lance
Le tribâton
La hallebarde
La chaîne à 9 sections
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Les couteaux papillons
Les sabres crochets
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L'éventail

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